Enquête : la vallée de la Meuse face au défi de la désindustrialisation

De Nouzonville à Fumay, les anciennes communes ouvrières cherchent un nouveau souffle. Premier volet de notre série sur la reconversion industrielle des Ardennes.

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Par Rémi Ardennes
| | Nouzonville

Quand on remonte la Meuse depuis Charleville-Mézières, le paysage raconte une histoire industrielle dense. Usines de boulonnerie à Bogny-sur-Meuse, fonderies à Nouzonville, forges à Monthermé, ardoisières à Fumay et Revin : pendant plus d'un siècle, la vallée a battu au rythme des métaux et de la pierre.

62% des emplois industriels perdus en 35 ans

Aujourd'hui, les chiffres parlent d'eux-mêmes. Entre 1990 et 2025, la vallée a perdu 62 % de ses emplois industriels. Nouzonville comptait 4 200 habitants en 1975, elle en recense 5 800 aujourd'hui mais son taux de chômage dépasse les 18 %. À Revin, la fermeture de l'usine Porcher en 2018 a laissé une cicatrice encore vive.

Pourtant, des signaux positifs émergent. L'installation d'Hermès à Givet, l'arrivée de PME spécialisées dans les énergies renouvelables à Monthermé, le développement du tourisme vert autour de la Voie Verte Trans-Ardennes : la reconversion est en marche, mais elle est lente et inégale.

Des signaux positifs mais fragiles

« Le problème, ce n'est pas le manque de projets, c'est le manque de connectivité », analyse un élu local. « Sans un TER fiable et sans le très haut débit partout, on ne peut pas attirer de nouvelles activités. »

Nous avons rencontré élus, entrepreneurs, habitants et associatifs tout au long de la vallée. Leurs témoignages dessinent le portrait d'un territoire combatif mais en attente de réponses concrètes.

Demain, deuxième volet : Revin, laboratoire de la réinvention ?

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